Essai - 592p

Ahmed Boumendjel (1908-1982) De la "conquête morale" coloniale à la reconquête de la souveraineté nationale

Sadek Sellam

Mars 2022

Dans ce livre, qui puise notamment dans des archives familiales jusque là inexploitées, l’historien Sadek Sellam s’attache à reconstituer la trajectoire de l’avocat algérien Ahmed Boumendjel – frère aîné de Ali, avocat lui aussi, torturé puis assassiné par l’armée française en 1957.

 

Fils d’instituteur, né en 1908 à Taourirt Menguellet (Kabylie), entré en 1923 à l’École normale de Bouzaréah, Ahmed Boumendjel va très tôt se distinguer par une conscience politique aiguë devant l’injustice du fait colonial et une multiplicité d’engagements en vue de la reconquête de la souveraineté nationale.

À Paris, qu’il rejoint en 1931, il mène des études de droit, rencontre Gilberte Charbonnier, sa compagne de vie et de combat politique, et devient avocat de Messali Hadj. Rentré à Alger, il ouvre son cabinet d’avocat, avant d’être mobilisé pour la Seconde Guerre mondiale.

À partir de 1942, il sera l’un des principaux collaborateurs de Ferhat Abbas au sein de l’UDMAavant de rejoindre le FLN en 1956, lorsque le combat radical devient la seule issue. L’action de Boumendjel en tant que Conseiller de l’Union française, son ardeur au travail et son charisme, en feront un homme perçu comme « très dangereux » par les autorités françaises. En mars 1957, la mort de son frère Ali, dans des conditions tragiques, marque un moment de bascule.

Ahmed Boumendjel fut également l’un des animateurs de la diplomatie de guerre du FLN : il en fut l’un des animateurs les plus actifs avec Saad Dahlab, Tayeb Boulahrouf et Mohamed-Seddik Benyahia ; et il sera, aux côtés, entre autres, de Krim Belkacem et de Rédha Malek, un des négociateurs d’Évian-I (Mai 1961).

Retiré de la vie publique à partir de 1964, il meurt en 1982.

 

Retracer la « courbe de vie » de cette figure intellectuelle quelque peu oubliée – comme tant d’autres – permet de revisiter des pans entiers de l’histoire du nationalisme algérien et de rendre compte de la diversité des personnalités qui l’ont porté. Ce parcours de vie, singulier, protéiforme, méritait d’être restitué au lecteur algérien dans toute sa complexité.