
Littérature - Roman - 250p
Houaria
kessas
Mai 2026
La paume d'une main, où s'esquissent des ruelles qui s'effacent aussitôt. Des destins qui s'entremêlent, puis s'écartent. Des noms qui émergent, puis retombent. Les lettres d'un alphabet en attente d'être rassemblées, épelées. Des mots qui guettent celui ou celle qui viendra les prendre en bouche et leur donner sens.
Des voix embrouillées en quête d'ordre. Des cœurs désorientés, dont le palpitement et la fougue s'adressent à celle qui lit dans les lignes de la main - Houaria - un nom, le condensé d'une ville qui fut et qui persiste.
Inam Bioud
Oran, années 1990. Dans un hôpital, Houaria émerge d'un long sommeil. Lui reviennent la musique raï qui fusait de l'un des cabarets de la ville et le sang de son petit ami Hicham sur ses chaussures. Avec ce jeune homme rêveur, Houaria entretenait depuis peu une relation cachée. À l'image de la majorité des femmes, elle s'est efforcée de se fondre dans la norme pour espérer survivre.
Autour de la jeune femme gravite un cortège de personnages qui racontent le désordre de leurs trajectoires. Il y a Heba, étudiante qui prépare une thèse en anthropologie; Hadia, belle-soeur de Houaria, femme libre et impulsive; et aussi Hani, qui raconte le choc de la mort de Hicham.
Houaria offre le portrait complexe d'une héroïne sacrifiée par la société, sur fond de lutte entre pressions sociales et désir de liberté, entre tradition et modernité.
Le roman Houaria a été récompensé en 2024 du prestigieux
Grand prix Assia-Djebar.